Préparer son premier marathon : plan d'entraînement 16 semaines
Plan marathon 16 semaines pour débutants : séances détaillées, nutrition, tapering et stratégie pour finir ton premier 42 km entre 4h30 et 5h.
Le marathon est l'un des défis les plus emblématiques du sport amateur. 42,195 kilomètres de bitume, des semaines de préparation, et une ligne d'arrivée qui restera gravée dans ta mémoire. Si tu lis cet article, c'est que tu envisages sérieusement de te lancer dans l'aventure. Bonne nouvelle : avec un plan structuré sur 16 semaines, un débutant motivé peut tout à fait franchir cette ligne d'arrivée, même sans passé sportif intensif.
Le marathon, c'est quoi exactement ?
Le marathon est une épreuve de course à pied sur route couvrant une distance de 42,195 kilomètres. Cette distance précise vient des Jeux Olympiques de 1908 à Londres, où le parcours fut allongé pour que la course parte du château de Windsor et arrive devant la loge royale au stade olympique. Depuis, cette distance est devenue la référence mondiale.
Aujourd'hui, le marathon est l'une des épreuves les plus populaires au monde. Chaque année, des centaines de milliers de coureurs amateurs s'élancent sur des marathons organisés dans les plus grandes villes : Paris, New York, Berlin, Chicago... Le temps moyen d'un finisher tous niveaux confondus tourne autour de 4h26 pour les femmes et 4h14 pour les hommes (source : Miles Republic).
Pour un premier marathon en tant que débutant, viser entre 4h30 et 5h est un objectif réaliste et ambitieux, qui correspond à des allures de 6'24"/km (pour 4h30) à 7'07"/km (pour 5h00). Ces allures sont soutenues mais tout à fait atteignables avec une préparation sérieuse.
Êtes-vous prêt(e) à préparer un marathon ?
Avant de te lancer tête baissée dans un plan de 16 semaines, il faut être honnête avec toi-même sur ton niveau de départ. Le marathon n'est pas une course qu'on improvise : c'est un projet qui s'inscrit dans le temps.
Les prérequis recommandés avant de commencer ce plan :
- Tu cours régulièrement 2 à 3 fois par semaine depuis au moins 3 à 6 mois
- Tu es capable de courir 45 à 60 minutes sans t'arrêter à une allure confortable
- Tu as déjà participé à des courses de 10 km ou idéalement un semi-marathon
- Tu totalises environ 25 km par semaine sur tes entraînements habituels
- Tu n'as pas de blessure en cours ni de contre-indication médicale
Si tu décoches toutes ces cases, tu peux attaquer ce plan de 16 semaines directement. Si tu sors tout juste du canapé, commence par un plan de 10 km ou de semi-marathon avant d'envisager le marathon — tu t'épargneras bien des blessures et des frustrations.
Une visite médicale avec un certificat d'aptitude à la pratique sportive intensive est fortement recommandée, voire obligatoire pour l'inscription à certaines courses.
Choisir son objectif de temps
Ton objectif de temps va conditionner toutes tes allures d'entraînement. Voici les correspondances issues du tableau d'allures de Miles Republic :
| Objectif marathon | Allure à tenir | Vitesse |
|---|---|---|
| 4h30 | 6'24"/km | 9,4 km/h |
| 4h45 | 6'45"/km | 8,9 km/h |
| 5h00 | 7'07"/km | 8,4 km/h |
| 5h30 | 7'49"/km | 7,7 km/h |
Pour un premier marathon, l'objectif principal est de finir. Il vaut mieux viser 5h et courir à l'aise toute la course que de viser 4h30 et finir en marchant les 10 derniers kilomètres — ou pire, abandonner.
Une bonne règle de base : si tu as couru un semi-marathon, multiplie ton temps par 2,2 pour estimer ton temps marathon réaliste. Par exemple, un semi-marathon en 2h00 donne environ 4h24 au marathon.
Les bases de la préparation : endurance fondamentale, VMA, seuil
Un plan marathon repose sur trois types de travail qu'il faut comprendre avant de commencer.
L'endurance fondamentale (EF)
C'est le socle de toute ta préparation. Il s'agit de courir à une allure très confortable, où tu peux tenir une conversation sans être essoufflé(e). En termes de fréquence cardiaque, on parle de 65 à 75% de ta fréquence cardiaque maximale (FCM). La grande majorité de tes séances (environ 70-80%) se fera à cette allure. L'EF développe ton système cardio-vasculaire, améliore ton économie de course et favorise la récupération.
La VMA (Vitesse Maximale Aérobie)
La VMA est la vitesse à laquelle tu consommes le maximum d'oxygène que ton corps peut utiliser. Les séances de VMA, sous forme de fractionné (ex : 10 x 400m à 100% VMA avec récupération), améliorent ta "cylindrée" aérobie. Pour un débutant marathon, ces séances représentent 10 à 15% du volume total.
Pour connaître ta VMA, tu peux faire un test simple : le test de 6 minutes (ou test Vameval). Cours à allure maximale pendant 6 minutes ; la distance parcourue divisée par 0,1 te donne une estimation de ta VMA en km/h. Par exemple, si tu parcours 1,2 km en 6 minutes, ta VMA est d'environ 12 km/h. Une VMA de 11-13 km/h est typique pour un coureur visant 4h30 à 5h au marathon.
Le travail au seuil
Le seuil (ou seuil anaérobie) correspond à environ 80-90% de ta FCM — une allure difficile mais tenable sur 20 à 40 minutes. Ce type de travail t'apprend à maintenir une allure soutenue sur la durée, ce qui est directement utile pour le marathon. Une séance au seuil typique ressemble à : 20 minutes d'EF en échauffement, puis 2 à 3 blocs de 10-20 minutes à allure seuil avec quelques minutes de récupération entre chaque bloc, puis 10-15 minutes de retour au calme.
L'importance du cross-training
Si tu souffres d'une légère blessure ou que tes jambes sont trop fatiguées pour courir, le cross-training est ton meilleur allié. Vélo (en salle ou dehors), natation, elliptique : ces activités entretiennent ton cardio sans impacter tes articulations. Certains coureurs intègrent même du yoga ou du Pilates pour améliorer leur souplesse et renforcer leur sangle abdominale — deux atouts non négligeables sur un marathon.
La sortie longue
C'est la séance clé de la semaine. Elle te fait progressivement accumuler du kilométrage et habitue ton corps à courir longtemps. Au fil des semaines, ta sortie longue passera de 1h20 à 2h30-3h, toujours à allure endurance fondamentale.
Plan d'entraînement 16 semaines
Ce plan est conçu pour un débutant visant 4h30 à 5h00 au marathon, avec 3 séances par semaine. Il est structuré en 3 phases :
- Phase 1 (semaines 1-5) : Construction de l'endurance de base
- Phase 2 (semaines 6-13) : Développement spécifique et progression
- Phase 3 (semaines 14-16) : Tapering / affûtage
Légende : EF = Endurance Fondamentale (65-75% FCM) | SL = Sortie Longue | VMA = Fractionné vitesse | Seuil = 80-90% FCM | AS42 = Allure spécifique marathon objectif
| Semaine | Séance 1 | Séance 2 | Séance 3 | Volume total |
|---|---|---|---|---|
| S1 | Footing 40' EF | VMA : 20' EF + 8×200m à 100% VMA + 10' EF | SL 1h10 EF | ~28 km |
| S2 | Footing 45' EF | Seuil : 20' EF + 3×8' à 85% FCM (rec 3') + 10' EF | SL 1h20 EF | ~32 km |
| S3 | Footing 50' EF | VMA : 20' EF + 10×200m à 100% VMA + 10' EF | SL 1h25 EF | ~34 km |
| S4 (allégée) | Footing 35' EF | Footing 40' EF | SL 1h10 EF | ~25 km |
| S5 | Footing 50' EF | Seuil : 20' EF + 2×15' à 85% FCM (rec 4') + 10' EF | SL 1h30 EF | ~36 km |
| S6 | Footing 55' EF | VMA : 20' EF + 6×400m à 100% VMA (rec 2') + 10' EF | SL 1h40 EF | ~39 km |
| S7 | Footing 55' EF | Seuil : 20' EF + 25' à 85% FCM + 25' à 85% FCM (rec 4') + 10' EF | SL 1h50 EF | ~42 km |
| S8 (allégée) | Footing 40' EF | Footing 45' EF | SL 1h20 EF | ~30 km |
| S9 | Footing 1h EF | AS42 : 20' EF + 3×10' à allure marathon (rec 3') + 10' EF | SL 2h00 EF | ~46 km |
| S10 | Footing 1h EF | VMA : 20' EF + 8×400m à 100% VMA (rec 90'') + 10' EF | SL 2h10 EF | ~49 km |
| S11 | Footing 1h EF | AS42 : 20' EF + 25' + 20' à allure marathon (rec 5') + 10' EF | SL 2h20 EF | ~52 km |
| S12 (allégée) | Footing 45' EF | Footing 50' EF | SL 1h30 EF | ~35 km |
| S13 | Footing 1h EF | AS42 : 20' EF + 40' à allure marathon + 10' EF | SL 2h30 EF | ~55 km |
| S14 (tapering) | Footing 50' EF | Seuil : 20' EF + 20' à 85% FCM + 10' EF | SL 1h45 EF | ~40 km |
| S15 (tapering) | Footing 40' EF | AS42 : 15' EF + 3×8' allure marathon (rec 3') + 10' EF | SL 1h20 EF | ~28 km |
| S16 (tapering) | Footing 30' EF | Footing 25' EF avec 4×100m allure vive | MARATHON 🏁 | — |
Conseils d'utilisation du plan :
- Respecte les allures : les séances lentes doivent rester lentes. Courir trop vite en EF est l'erreur numéro 1.
- Adapte selon les sensations : si tu es fatigué(e) ou courbaturé(e), remplace une séance par un footing léger ou un repos.
- Les jours off comptent : entre deux séances, prévois au moins un jour de repos ou de cross-training (vélo, natation, yoga).
- La sortie longue est sacrée : ne la sacrifie pas, c'est elle qui te prépare vraiment au marathon.
Comprendre les phases du plan
Phase 1 — Construction (semaines 1 à 5)
Ces cinq premières semaines ont un seul objectif : installer une base solide. On court à endurance fondamentale, on augmente progressivement le volume hebdomadaire, et on introduit des fractionnés courts pour développer la VMA. La semaine 4 est une semaine de récupération active (volume réduit de 25-30%) — ne la saute pas, elle est programmée intentionnellement pour permettre à ton corps de s'adapter et de "digérer" le travail des trois semaines précédentes.
Durant cette phase, tu vas développer ton réseau capillaire (le corps crée de nouveaux vaisseaux sanguins pour mieux alimenter les muscles), augmenter la densité de tes mitochondries (les centrales énergétiques de tes cellules) et renforcer tes tendons et ligaments progressivement. C'est un travail invisible mais fondamental.
Phase 2 — Développement spécifique (semaines 6 à 13)
C'est le cœur de la préparation. Les sorties longues dépassent les 2 heures, le volume hebdomadaire monte jusqu'à 55 km environ, et tu commences à travailler à allure spécifique marathon (AS42) — c'est-à-dire à l'allure que tu vises le jour J. Ces séances à allure marathon sont cruciales : elles apprennent à ton corps à gérer cet effort précis sur la durée et te permettent de "sentir" l'allure sans regarder ta montre toutes les 30 secondes.
Les semaines 8 et 12 sont à nouveau des semaines allégées. Elles permettent une supercompensation : le corps se reconstruit légèrement plus fort qu'avant. Si tu ressens une baisse de forme ou des courbatures persistantes en dehors de ces semaines, n'hésite pas à auto-aménager une semaine plus légère.
La sortie la plus longue du plan se situe en semaine 13 avec 2h30 de course continue. C'est ton "long run peak". Certains plans recommandent d'aller jusqu'à 35 km, mais pour un premier marathon, 2h30 à 2h45 est largement suffisant pour préparer le corps à l'effort du jour J, tout en limitant le risque de blessure et la fatigue chronique.
Phase 3 — Tapering (semaines 14 à 16)
Voir la section dédiée ci-dessous.
Nutrition et hydratation pendant la préparation
La nutrition est un pilier souvent négligé de la préparation marathon. Pourtant, ce que tu manges impacte directement tes performances et ta récupération.
Combien de calories brûle-t-on pendant un marathon ?
Un marathon de 4h30 à 5h représente une dépense énergétique considérable. En règle générale, on estime qu'un coureur brûle environ 60 à 80 calories par kilomètre selon son poids et son allure. Sur 42,195 km, cela représente 2500 à 3500 calories brûlées pendant la seule course. Tes sorties longues à l'entraînement sont elles aussi très coûteuses énergétiquement. Il ne s'agit pas de compenser calorie par calorie, mais de comprendre que tu dois manger suffisamment pour alimenter l'effort sans pour autant chercher à "maigrir" pendant la préparation.
L'alimentation au quotidien
Pendant tes 16 semaines de préparation, ton alimentation doit être équilibrée et adaptée à l'effort croissant. Les glucides sont ton carburant principal : pâtes, riz, pain complet, flocons d'avoine... Augmente leur proportion les jours où tu enchaînes des séances longues.
Les protéines (viande, poisson, œufs, légumineuses) jouent un rôle clé dans la reconstruction musculaire après l'effort. Vise environ 1,4 à 1,6 g de protéines par kg de poids corporel par jour.
Les graisses saines (avocat, huile d'olive, noix, poisson gras) ne sont pas à négliger : elles contribuent à l'énergie sur les efforts longs.
Avant une sortie longue : la charge en glucides
La veille d'une sortie longue ou du marathon, pratique une pré-charge glucidique : pâtes, riz ou pommes de terre au dîner, avec du pain. L'objectif est de maximiser les réserves de glycogène dans tes muscles.
Le matin de la sortie, mange 2 à 3 heures avant le départ : pain avec confiture ou miel, flocons d'avoine, banane. Évite les aliments riches en fibres, en graisses ou difficiles à digérer.
Pendant la course : ravitaillement et gels
Au-delà de 1h30 d'effort, ton corps commence à puiser dans ses réserves. Pour un marathon, il est indispensable de se ravitailler :
- Glucides pendant la course : vise 30 à 60 g de glucides par heure (soit 1 gel toutes les 30-45 minutes à partir du km 20-25)
- Hydratation : bois 150 à 250 ml toutes les 20 minutes (source : toutpourmasante.fr), soit 400 à 800 ml par heure selon la chaleur
- Sodium : en cas de forte chaleur, assure-toi d'avoir du sodium dans ta boisson isotonique (300 à 500 mg par litre)
Entraîne-toi à manger et boire pendant tes sorties longues. Le jour J ne doit pas être la première fois que tu utilises des gels ou avales un verre d'eau en courant.
Après l'entraînement : la récupération nutritionnelle
Dans les 30 minutes après une séance intense, consomme un snack combinant glucides et protéines : yaourt avec du miel et une banane, un verre de lait chocolaté, ou une barre de récupération. Cela accélère la reconstitution du glycogène et la réparation musculaire.
Le tapering : les 3 dernières semaines
Le tapering (ou affûtage) est la phase de réduction progressive du volume d'entraînement dans les semaines précédant le marathon. C'est une phase que beaucoup de débutants redoutent — la peur de "perdre sa forme" en courant moins — mais elle est absolument indispensable.
Selon les experts et les plans d'entraînement FFA, la stratégie recommandée est la suivante :
- Semaine -3 (S14) : réduction du volume de 25-30%, maintien de l'intensité
- Semaine -2 (S15) : réduction du volume de 40-50%, quelques rappels d'allure marathon
- Semaine -1 (S16) : réduction du volume de 60-70%, petits footings de maintien, repos
Pendant le tapering, il est normal de ressentir des jambes lourdes, de la fatigue, des courbatures légères — c'est le corps qui se prépare en profondeur. Ne cède pas à la tentation de rajouter des séances : tu te blesserais au pire moment.
Les jours avant le marathon :
- J-7 à J-3 : alimentation normale enrichie en glucides progressivement
- J-2 : pasta party, bonne hydratation, coucher tôt
- J-1 : repos complet ou petit footing de 20', pasta ou riz au dîner, prépare ton matériel
- Matin J : petit déjeuner 2h30-3h avant le départ, pas de nouveauté alimentaire
Le jour J : stratégie de course
Le jour du marathon arrive enfin. Des mois de travail convergent vers ce moment. Voici comment l'aborder intelligemment.
Avant le départ
Arrive tôt pour gérer les files d'attente aux vestiaires et aux toilettes. Échauffes-toi légèrement (10-15' de marche/footing très lent). Place-toi dans le bon sas selon ton objectif — ne pars pas trop devant.
La stratégie d'allure
La règle d'or du marathon : partir lentement pour finir fort. Une erreur très fréquente chez les débutants est de partir trop vite dans l'euphorie du départ, entraîné(e) par la foule. Résultat : le "mur du marathon" arrive encore plus tôt.
Le plan idéal pour un objectif 5h00 (7'07"/km) :
- Km 0-10 : cours à 7'15-7'20"/km — légèrement en dessous de ton allure cible
- Km 10-30 : maintiens 7'07"/km — ton allure cible
- Km 30-42 : si tu te sens bien, accélère légèrement (6'50-7'00"/km)
Ravitaille-toi à chaque point de ravitaillement sans attendre d'avoir soif. Prends les gels que tu as testés à l'entraînement.
Mental et gestion de la douleur
Le marathon est autant mental que physique. À partir du km 30-35, la fatigue s'installe vraiment. Voici quelques techniques :
- Découpe la course en segments (pense au prochain km, pas à l'arrivée)
- Bascule ton attention sur la foule, les encouragements, l'environnement
- Rappelle-toi pourquoi tu fais ça : chaque pas te rapproche de ta médaille de finisher
Les erreurs classiques à éviter
Voici les pièges que les débutants tombent à chaque fois, et que tu peux éviter :
1. Partir trop vite C'est la cause numéro 1 d'échec au marathon. L'adrénaline du départ te pousse à courir bien plus vite que prévu. Résultat : le mur du marathon arrive dès le km 30. Tiens-toi à ton allure cible même si tu te sens trop à l'aise au début.
2. Augmenter le volume trop vite La règle des +10% par semaine est là pour une bonne raison. Une augmentation brutale du kilométrage est la première cause de blessure (tendinites, fractures de stress). Respecte les semaines allégées du plan.
3. Négliger les sorties longues C'est tentant de les raccourcir quand le temps manque, mais c'est elle qui t'apprend à courir longtemps. Ne saute pas tes sorties longues.
4. Ne pas tester la nutrition à l'entraînement Utiliser des gels pour la première fois le jour du marathon peut déclencher des troubles digestifs. Teste tout : gels, boissons isotoniques, ravitaillements, pendant tes sorties longues.
5. Changer d'équipement le jour J Nouvelles chaussures, nouveau cuissard, nouvelle montre... Porte le même équipement que celui utilisé à l'entraînement. Les ampoules et les frottements arrivent vite sur 42 km.
6. Ignorer les signaux du corps Une douleur persistante n'est pas qu'une "petite gêne". Consulte un kinésithérapeute ou un médecin du sport si quelque chose te semble anormal. Mieux vaut manquer une semaine d'entraînement que de se blesser et rater le marathon.
7. Sous-estimer le sommeil et la récupération Le corps se reconstruit pendant le sommeil. Vise 7 à 9 heures par nuit pendant ta préparation, surtout les semaines de fort volume.
8. Ignorer le tapering Certains coureurs paniquent pendant le tapering et ajoutent des séances "pour ne pas perdre leur condition". C'est contre-productif : le corps a besoin de ce repos pour être au maximum le jour J.
9. Courir blessé Vouloir rattraper une semaine manquée en doublant le volume la semaine suivante, ou continuer à s'entraîner avec une douleur tenace, c'est le meilleur moyen de transformer une petite gêne en blessure sérieuse qui compromettra des mois de préparation. Quand le corps parle, il faut l'écouter.
10. Négliger le renforcement musculaire La course à pied sollicite fortement certains muscles (quadriceps, ischio-jambiers, mollets) et en néglige d'autres (fessiers, core, adducteurs). Intègre 2 à 3 séances de renforcement musculaire par semaine, de 15 à 20 minutes chacune : squats, fentes, gainage, pont fessier. Un corps équilibré court mieux et se blesse moins.
Récupération post-marathon
Tu as franchi la ligne d'arrivée — félicitations, tu es marathonien(ne) ! Mais la course ne s'arrête pas là. La récupération post-marathon est une phase à part entière.
Les premières heures
Dès l'arrivée, enfile une veste thermique (le corps refroidit vite), mange une banane ou une barre, et bois de l'eau ou une boisson isotonique. Marche doucement pour éviter les crampes. Évite de rester immobile. Si tu as de la place, un bain de glace ou une douche froide dans les 2 heures suivant l'arrivée peut accélérer la récupération musculaire en réduisant l'inflammation. Ce n'est pas obligatoire, mais c'est très efficace.
Prends le temps de profiter du moment. Retrouve ta famille ou tes amis qui t'ont soutenu(e) tout au long de la préparation. Mange quelque chose de consistant et plaisant — tu l'as mérité. Et n'oublie pas de récupérer ta médaille de finisher : tu vas la garder longtemps.
La première semaine
Ton corps a traversé un traumatisme musculaire important. Les courbatures "DOMS" sont intenses, notamment dans les quadriceps. C'est normal. La récupération passe par :
- Repos complet les 2-3 premiers jours
- Marche légère à partir du jour 3-4
- Alimentation riche en protéines pour la reconstruction musculaire
- Sommeil autant que possible
- Massage et étirements doux à partir du jour 4-5
Les semaines suivantes
- Semaine 2-3 : footings très légers de 20-30 minutes si tu te sens prêt(e)
- Semaine 4 : reprise progressive, 2-3 séances légères
- Semaine 6-8 : retour à un rythme normal
La règle souvent citée par les coachs : un jour de récupération par kilomètre couru. Pour un marathon, cela donne environ 6 semaines avant de reprendre un entraînement structuré. Patience !
Prévenir les blessures courantes post-marathon
Les jours suivant le marathon, surveille quelques symptômes qui nécessitent une attention particulière :
- Douleur au genou persistante : syndrome de l'essuie-glace ou douleur fémoro-patellaire — glace, repos, consultation si ça dure plus de 5 jours
- Douleur au tendon d'Achille : ne cours pas dessus, consulte un kiné
- Ongles noirs ou ampoules : soins locaux simples, préventibles à l'avenir avec des chaussettes techniques et des chaussures à la bonne taille
- Fatigue chronique : tout à fait normale les deux premières semaines — le système immunitaire est temporairement affaibli après un effort aussi long
Profite de cette phase pour faire le bilan de ta préparation : qu'est-ce qui a bien fonctionné ? Qu'est-ce que tu ferais différemment ? Ce recul te sera précieux pour ta prochaine préparation.
Et après ?
Beaucoup de marathoniens (re)tombent dans la passion après leur premier 42 km. Si l'envie de te relancer se fait sentir, consulte le calendrier des courses et les catégories running de kerrun.com/categories/running pour trouver ta prochaine aventure. Tu peux aussi explorer les prochains événements running près de chez toi et rejoindre une communauté de coureurs qui partagent la même passion.
Le marathon reste une des expériences les plus marquantes qu'un sportif amateur puisse vivre. Avec ce plan de 16 semaines, une nutrition adaptée, et la bonne dose de patience, tu as toutes les cartes en main pour réussir ton premier 42,195 km. Bonne préparation, et à bientôt sur la ligne de départ !
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour préparer un premier marathon ?
Un plan de 16 semaines est recommandé pour un débutant ayant déjà une base de course (25 km/semaine). Si tu pars de zéro, compte 24 à 32 semaines en intégrant une phase de base préalable.
Quelle allure courir pour un premier marathon en 5h ?
Pour finir un marathon en 5h, tu dois maintenir une allure de 7 minutes 07 secondes par kilomètre (8,4 km/h). Pars légèrement en dessous de cette allure les 10 premiers kilomètres, puis maintiens-la jusqu'au bout.
Combien de fois par semaine faut-il s'entraîner pour un marathon ?
3 séances par semaine sont suffisantes et recommandées pour un premier marathon. Cela permet de progresser sans se surcharger ni augmenter le risque de blessure.
Faut-il manger des gels pendant un marathon ?
Oui, au-delà de 1h30 d'effort le corps a besoin d'apport en glucides. Pour un marathon, prends un gel toutes les 30 à 45 minutes à partir du km 20-25. Teste impérativement les gels pendant tes entraînements longs avant le jour J.
Qu'est-ce que le tapering marathon ?
Le tapering est la réduction progressive du volume d'entraînement dans les 2 à 3 semaines précédant le marathon. L'objectif est d'arriver reposé et frais le jour J. Le volume diminue de 25 à 70% selon les semaines, tout en maintenant quelques séances à intensité spécifique.
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